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Tout ce qui me passe par la ...

Publié le 4 Décembre 2013 par CM

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Noirceur

 

Les gens n'imaginent pas ce que je puisse être, ce que je suis en réalité, une sorte d'écorchée vive, brûlée par la haine et le mal. Eux ne voient qu'un sourire charmeur, une figure calme et éclairée, un masque modelé par le mensonge. Ils ne regardent pas, ils me voient. Si ils regardaient, ils comprendraient, ils passeraient outre et ils deviendraient dangereux. Le danger est partout mais plus particulièrement en nous, probablement qu'il s'agit de cette noirceur qui coule dans mes veines et s'infiltre au fond de la chair, le vrai danger. Le temps m'a permi de contrôler mon excès de violence physique, mais ce n'est qu'une question de temps avant que cette pulsion n'explose. Enfouie au fond de moi, elle ronge peu à peu ce qui restait de bon en moi, je sens cette partie d'humanité s'estomper de jour en jour.

Vivre en société ne me pose pas de problème, je regarde les gens, je les observe, je les analyse, je les étudie, et pourtant je trouve en eux ce que je ne trouve plus en moi, cette étincelle inexpliquable qui les anime, les sensations, les sentiments. Tout ça en moi s'estompe, je ne sais plus ressentir, je ne sais plus juger, mes actes ne sont que le fruit de ma pensée. On peut imaginer que c'est plutôt dur de vivre comme ça mais ça nous ménage bien des efforts. La manipulation, c'est cette noirceur en moi qui contrôle tout mes faits et gestes. J'anticipe la moindre chose, et quand la situation pourrait m'échapper, c'est la violence qui ressurgit en moi. C'est bien triste à avouer mais la violence à jusqu'ici résolu tout mes problèmes. Certes de nombreuses personnes en ont été victimes mais jusqu'ici personne n'a vue la noirceur telle qu'elle est. Pourtant cette fois, ma noirceur s'est emportée sans que je ne puisse agir. Au cours de ce combat, j'ai pris un poignard et je me le suis enfoncée droit dans le coeur. La lame s'est brisée sur le roc et ce n'était pas du sang qui coulait, c'était de la haine, de la douleur liquidifée qui tachait mon corps. J'avais ressenti quelque chose de nouveau, comme si c'était arrivé une fois de trop. Ce soir là quelques choses s'est brisé en moi, je me suis sentie nue, je me suis sentie humaine et je le suis redevenue. 

Je pouvais être qui je voulais, je pouvais montrer ce que je voulais et j'ai choisi de redevenir comme eux. Je voulais arrêter de réflechir, de continuer à manipuler et à torturer les gens comme je l'avais fait si souvent. C'est assez paradoxale au final d'éprouver la joie de souffrir enfin, la joie d'avoir pour une fois rien calculé, s'être soudainement violencée soit même en blessant autrui. Avec le recul, étant revenue dans le monde, j'éprouvais les regrets d'avoir mal agit, même si je suis tout autant consciente que je ne contrôlais à cet instant, plus rien.

Dès lors, j'ai repris tout à zéro. Comment avais je pu en arriver là ? Alors que j'étais une enfant tout à fait équilibrée et brillante à l'école ? Et enfin j'ai compris que toutes ces peines, ces douleurs, ces violences qu'on m'avait fait subir, je n'en ai jamais fait le deuil, je les ramène à la vie en les reproduisant. Cependant il y a une chose que je ne pourrais jamais ramener à la vie, la mort, cette banale escuse de ma noirceur n'est en réalité qu'un récent traumatisme plus ou moins éteind.

Je suis redevenue moi même, certes mais moi même c'est aussi cette noirceur. Je suis condamnée à être ce que je suis, un caméléon, un parfait équilibre entre l'être et le paraitre. Mais aujourd'hui, il y a quelque chose de plus lourd que cette encre noir, c'est le regret.

Je n'ai aucune escuse, et je ne demande pas à être pardonnée car au fond, je crois que sincèrement j'aime les gens, et qu'il y avait certaines valeurs en eux qui repoussaient le mal en moi. 

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